FOREST

Théâtre en Mai, jardin du Musée Archéologique

Jérôme Thomas

 

Forest © Christophe Raynaud de Lage 

 

La file est longue devant ce merveilleux théâtre de bois où on entre en silence comme dans une cathédrale imbibée d’une moite obscurité. Les portes se ferment, on respire l’odeur des sous bois, on scrute le chahut des brindilles qui craquent sous les pas. On est entre nous, dans l’intimité de the Forest. Soudain, on surprend en pleine parade nuptiale un couple de faisans ! Ils se tournent autour, se cherchent, jouent longtemps -trop longtemps sans doute- et c’est la poésie qu’on voulait accrocher au décor qui brusquement se dérobe. Mais Jérôme Thomas se chauffe, la locomotive prend le temps de s’élancer, les engrenages se mettent péniblement en mouvement, ça souffle, ça soupire, ça renâcle et ça transpire. L’atmosphère est lourde tandis que l’accordéon du talentueux Jean-françois Baëz emplit peu à peu la pièce d’un vent frais. La scène se met à tourner comme un manège improbable et il ne faudra plus qu’un sac de plastique vert pour entendre le public se relâcher et rire. A y est ! La machine est lancée, sueur et salive sont convoquées, c’est maintenant l’épreuve de force, jonglage renversé, jeu d’équilibriste sous canne, sous boules, danse, claquette… La tension et la légèreté se succèdent, s’échangent les rôles. De baloche en saccade, Jérôme Thomas et Aurélie Varrin souffrent dans un spectacle qui n’est ni du cirque ni du théâtre mais une performance physique ou plus exactement une étude sur les corps soumis aux lois de la physique.

 

JG

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