L’Avare : un portrait de famille en ce début de 3ème millénaire

Théâtre en Mai / dimanche 25 mai / Théâtre Mansart (Dijon 21)

 

L'Avare © Jérôme Gaillard

 

 

Dépoussiérer à ce point Molière peut paraître un poil troublant mais lorsqu’on se penche sur la scolarité subie par certains d’entre nous qui ont avalé les classiques comme de l’huile de foie de morue, on se dit qu’une transcription contemporaine du théâtre et de la littérature n’est pas un luxe mais une perméabilité.

Tout commence par une chanson de Nirvana, une reprise de Bowie The man who sold the world qui est comme l’écho d’une jeunesse désenchantée, désemparée… C’est la « loose » de la Génération X qui réalise qu’on lui a tout pris jusqu’à l’environnement. L’avarice, c’est une autre génération, celle des Baby-boomers, qui a tout raflé et qui a le plus grand mal à partager alors qu’elle est en grande partie responsable du sort du monde moderne. Les richesses sont confisquées, il ne reste plus que les plaies ! « Fuck les vieux » ! Peut-on lire sur le ventre d’une des comédiennes, en clin d’œil au Femen. Alors, on se prend à rêver… Ça ne coûte rien le rêve ! On veut être heureux… on s’imagine en ménage hétéro ou pas, on se voit au volant de sa belle voiture, on fait des plans… Des plans de révolte aussi, on rêve de tuer le père, de prendre l’argent qui nous revient… Mais la solidarité manque au courage alors que les plaies n’en finissent plus de suinter : trahison, intérêt, ambition, infidélité, arnaque… Et puis, cet argent qui manque et le souci croissant de consommer alimentent cette dépendance et font de nous d’éternels enfants. Finalement, les rêves se dégradent, l’angoisse s’insinue et tout nous saute à la gueule jusqu’à l’empoisonnement par le plastique des bouteilles d’eau…

La mort ? Un trou noir dans un frigo, Forever young, I want to be forever young…

PeterLicht porte l’avarice d’un Arpagon, transposé trois siècles et demi plus tard à son paroxysme, on l’appelle désormais : le Capitalisme.

 

JG

 

Texte : PeterLicht d’après Molière

Mise en scène : Catherine Umbdenstock

 

 

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