<link>http://magmajerome.wix.com/magma/apps/blog</link> <description /> <language>fr</language> <pubDate>Fri, 06 Jan 2012 11:48:22 GMT</pubDate> <lastBuildDate>Sat, 20 Jan 2018 01:01:13 GMT</lastBuildDate> <ttl>60</ttl> <item> <title>CHILI & BOLIVIE http://magmajerome.wix.com/magma/apps/blog/le-chili <p> <em><strong>COMME UN BOOMERANG...</strong></em></p> <p> <img original-height="463" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_d85a14f15d944ee2b2ef77e4283761ce.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 463px;" /></p> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>Chemin de fer vers Uyuni &copy; Melissa Mari</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>En octobre dernier nous vous amenions au Chili, &agrave; la d&eacute;couverte de la r&eacute;gion du Maule&nbsp;: son fleuve, ses lagunes, une nature aussi sauvage que passionnante et puis la grande Cordill&egrave;re. D&eacute;paysement absolu&nbsp;! Il nous en a fallu peu pour motiver un nouveau voyage sur cette terre aux mille contrastes. </strong></p> <p> <strong>En route pour le Nord du Chili et le Sud Lipez Bolivien…</strong></p> <p> Comment envoyer du r&ecirc;ve avec un petit budget en partant &agrave; l’autre bout du monde&nbsp;? Environnement, patrimoine, activit&eacute;s culturelles et sportives, prix, accessibilit&eacute; et surtout, accueil&nbsp;! Si vous voulez avoir un souvenir unique de votre voyage, organisez votre propre itin&eacute;raire, cela se r&eacute;v&egrave;lera beaucoup plus excitant. C’est en suivant cette m&eacute;thode que nous avons opt&eacute; pour le Nord &nbsp;du Chili, avec une petite extension sur le Sud Lipez Bolivien. Pour vivre une belle exp&eacute;rience, sans se frotter &agrave; une horde de touristes, nous sommes partis hors-saison, en choisissant la p&eacute;riode de l’automne sur le continent. Voyageurs peu exigeants, sans besoin d’un grand confort et en bonne condition physique, les mois de mai et juin sont id&eacute;aux pour visiter le Grand Nord du Chili, le Sud Lipez Bolivien et une p&eacute;pite, plus au sud bordant l’oc&eacute;an Pacifique. Le temps y est relativement cl&eacute;ment, m&ecirc;me si les temp&eacute;ratures sont fraiches, voire tr&egrave;s fraiches dans le d&eacute;sert, mais c’est l&agrave; tout l’int&eacute;r&ecirc;t de l’exp&eacute;rience!</p> <p> <strong>Le Grand Nord et le Sud Lipez Bolivien</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <img original-height="366" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_ce59a50d37ba4887bd18440571a9a734.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 366px;" /></p> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>laguna colorada Bolivie &copy; Melissa Mari</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> En termes de d&eacute;paysement, c’est vraiment le haut niveau, il est m&ecirc;me possible que vous soyez si &eacute;poustoufl&eacute;s qu’il vous faudra chercher longtemps une destination qui saura &eacute;galer la beaut&eacute; de vos souvenirs. L’un des points de d&eacute;part pour r&eacute;aliser une excursion dans ce pays des merveilles, se trouve &agrave; <strong><em>San Pedro de Atacama</em></strong>, l’un des derniers villages t&eacute;moins de la culture traditionnelle indig&egrave;ne du Chili. Bien que v&eacute;ritable carrefour touristique, aujourd’hui peupl&eacute; d’anciens routards ayant d&eacute;velopp&eacute; le business du voyage &laquo;&nbsp;&agrave; la roots&nbsp;&raquo;, vous ne serez pas d&eacute;&ccedil;us par la beaut&eacute; des panoramas entourant l’oasis de San Pedro, ni m&ecirc;me par les activit&eacute;s propos&eacute;es&nbsp;: VTT, randonn&eacute;es, observatoires astronomiques naturels, sites arch&eacute;ologiques, thermes…</p> <p> &nbsp;</p> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="435" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_5f4d02b6e6f14465832fa1e6c4cfd41e.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 435px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>la vall&eacute;e de la Luna Chili&nbsp;&copy; Melissa Mari</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> Petit conseil, tentez l’exp&eacute;rience du &laquo;&nbsp;sandboard&nbsp;&raquo; (surf sur dune de sable) dans la <strong><em>Valle de la Luna&nbsp;</em></strong>: quelques kilom&egrave;tres de v&eacute;lo au milieu des roches et des cr&ecirc;tes parsem&eacute;es de sel gemme pour arriver aux pieds des dunes de sable…et paysage lunaire porte bien son nom. Le plus grandiose reste n&eacute;anmoins l’excursion de 5 jours dans le <strong>Sud Lipez bolivien</strong>, obligatoirement organis&eacute;e par une petite agence de San Pedro (sinon c’est &agrave; vos risques et p&eacute;rils&nbsp;!). Un 4x4, des litres d’eau, de quoi tenir le choc face au mal d’altitude, des v&ecirc;tements chauds et, dans notre cas, bien se mettre en t&ecirc;te que la douche ne fera pas partie des options pendant 4 jours et le &laquo;&nbsp;tour&nbsp;&raquo; commence par l’ascension jusqu’&agrave; la fronti&egrave;re bolivienne, situ&eacute;e au milieu des montagnes et mat&eacute;rialis&eacute;e par un cabanon qui ne paye pas de mine. C’est &agrave; couper le souffle, au sens litt&eacute;ral comme au figur&eacute; (d&eacute;j&agrave; plus de 2000 m&egrave;tres d’altitude)&nbsp;! A ce moment-l&agrave;, vous n’imaginez pas que vous allez partir pour des kilom&egrave;tres au milieu de nulle part, sans croiser &acirc;me qui vive avant des heures, simplement vous et l’immensit&eacute; qui vous entoure, vous donnant l’impression d’&ecirc;tre au centre de la terre.</p> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="435" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_7b5a4eb178b3410ca635689d41f8bdcc.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 435px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>salar de Uyuni&nbsp;&copy; Melissa Mari</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> Tout commence par le <strong>Salar d’Uyuni</strong>, une &eacute;tendue de sel o&ugrave; ciel et terre ne font plus qu’un, cr&eacute;ant un horizon flou et d&eacute;routant. S’en suivent des d&eacute;serts &agrave; perte de vue, &agrave; 5 km pr&egrave;s des terres volcaniques puis des montagnes enneig&eacute;es, des dunes de sable et des &eacute;tendues rocheuses, abritant &agrave; tour de r&ocirc;le, des lagunes blanches, vertes, rouges, peupl&eacute;es d’animaux inattendus en ces terres si inhospitali&egrave;res. Les couleurs &eacute;clatantes des terres vierges, du ciel, s’&eacute;tendent &agrave; l’infini, l’air pur prom&egrave;ne des senteurs inconnues, les nuits &eacute;toil&eacute;es et les levers de soleil &agrave; 5000 m&egrave;tres d’altitude sont indescriptibles… Sensations incomparables, sentiment de libert&eacute; incommensurable&nbsp;! On rentre &eacute;puis&eacute;s apr&egrave;s un tel p&eacute;riple, ajout&eacute; &agrave; cela le froid, le manque de sommeil et l’envie de manger &agrave; nouveau vari&eacute;. En choisissant le tour &laquo;&nbsp;premier prix&nbsp;&raquo; les h&eacute;bergements sont typiques mais parfois primaires (maisonnette de sel ou de briques) sans chauffage, avec peu d’eau (denr&eacute;e pr&eacute;cieuse), repas simples &agrave; base de poulet, soupe, patates… ce n’est pas le 3 &eacute;toiles&nbsp;! En revanche, en termes de rencontres c’est in&eacute;galable. Des familles attachantes vous accueillent au sein de leur petit foyer et vous donnent sans compter, c’est une belle exp&eacute;rience humaine dont on sort grandis.</p> <p> Apr&egrave;s la nature, direction le littoral pour d&eacute;couvrir la &laquo;&nbsp;<strong><em>Costa de Santiago</em></strong>&nbsp;&raquo;, principale zone c&ocirc;ti&egrave;re touristique du pays. Qui dit touristique ne signifie pas forc&eacute;ment d&eacute;nu&eacute; de charme, il y a nombre de tr&eacute;sors inattendus &agrave; d&eacute;couvrir, &agrave; commencer par la &laquo;&nbsp;<strong><em>Perle du Pacifique</em></strong>&nbsp;&raquo;, la ville portuaire de<strong><em> Valparaiso</em>. </strong>Repoussante pour certains, fascinante pour d’autres, <strong><em>Valparaiso</em></strong> est un &eacute;lectron libre. Les rues de cette cit&eacute; en d&eacute;clin forment un labyrinthe aux mille couleurs&nbsp;: tags, commerces atypiques, &eacute;difices historiques, tous vestiges d’un pass&eacute; pluriel. D’un escalier tortueux &agrave; un funiculaire instable, d’une colline abrupte &agrave; un front de mer lin&eacute;aire, les r&eacute;cits se retrouvent et se confrontent. Marins et mauvais bougres des mers, artistes et intellectuels, filles de joie et vagabonds, graffeurs et autres peintres des rues, <strong><em>Valparaiso</em></strong> ne vous laisse pas indemne. Une journ&eacute;e n’est pas suffisante pour se faufiler dans toutes les ruelles et d&eacute;couvrir les secrets de ce mus&eacute;e &agrave; ciel ouvert. Incontestablement insolente et ind&eacute;niablement incomprise, cette ville crasseuse est d’une beaut&eacute; rare. Aujourd’hui victime d’une r&eacute;alit&eacute; destructrice, elle lutte n&eacute;anmoins pour rester un mythe intouchable. A ne pas manquer&nbsp;!&nbsp;</p> <p> Le Chili est un vaste territoire plein de contrastes, il faut prendre son temps pour en visiter les moindres recoins. Du <strong><em>Grand Nord </em></strong>&agrave; la <strong><em>Tierra de Fuego</em></strong>, en passant par <strong><em>l’Ile de P&acirc;ques</em></strong>, pas une parcelle ne se ressemble, pas un chilien n’est identique, pas une histoire n’est commune. Comment quitter ce pays si authentique, sa nature indompt&eacute;e, son peuple si chaleureux et sa culture passionnante&nbsp;? L’unique moyen &eacute;tant de lui dire&nbsp;: &laquo;&nbsp;A bient&ocirc;t&nbsp;!&nbsp;&raquo; Apr&egrave;s 20 jours de voyage, nous voil&agrave; r&ocirc;d&eacute;s et pr&ecirc;ts &agrave; enfiler de nouveau les baskets de rando pour revenir explorer les autres contr&eacute;es chiliennes. C’est la larme &agrave; l’œil que l’on quitte ce continent, un peu d&eacute;boussol&eacute;s par cette aventure au pays des merveilles…</p> <p> <strong>Texte et photo M&eacute;lissa Mari&nbsp;</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <u><strong>Toutes nos interviews sur&nbsp;<a href="http://www.magma-magazine.fr ">WWW.MAGMA-MAGAZINE.FR</a></strong></u></p> <p> &nbsp;</p> Fri, 29 Aug 2014 12:57:17 GMT e7cbed0c-6841-4ade-a29a-85a75813ec9c EL CIUDADANO (Le Citoyen) http://magmajerome.wix.com/magma/apps/blog/el-ciudadano-le-citoyen <h2> <em>LA CONSCIENCE EVEILLEE DU CHILI</em></h2> <h2> &nbsp;</h2> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="580" original-width="600" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_57892798d0624b5cbd7f6bd6e5b198cd.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 600px; height: 580px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>El Ciudadano &copy; El Ciudadano</em></p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Communiquer!&nbsp; C’est sans doute un exercice que nous devrions r&eacute;apprendre ou apprendre diff&eacute;remment… Il faut savoir que dans certains pays, &agrave; l’autre bout du monde, la communication n’est plus simplement le monopole de m&eacute;dias au service d’une &eacute;lite industrielle ou d’un organe d&eacute;cisionnaire mais l’arme puissante d’un peuple auparavant baillonn&eacute; qui a d&eacute;cid&eacute; de se faire entendre en usant de son droit &agrave; s’exprimer pour rester, un tant soit peu, ma&icirc;tre de son destin. Porte-parole de cette expression, El Ciudadano, incarn&eacute; par son directeur et fondateur Bruno Sommer, revient pour nous sur l’histoire d’une prise de conscience citoyenne.</strong></p> <p> &nbsp;</p> </div> <h2> <span style="font-size: 12px;">MB&nbsp;: Comment est n&eacute; El Ciudadano&nbsp;?</span></h2> <p> &nbsp;</p> <h2> <span style="font-size: 12px;">El Ciudadano&nbsp;est n&eacute; d’une pr&eacute;occupation personnelle et politique pour une transformation sociale par la communication. L’id&eacute;e &eacute;tant de rendre les gens et les organisations sociales acteurs de ce changement &agrave; travers un outil de communication sociale&nbsp;: El Ciudadano. Bient&ocirc;t des coll&egrave;gues nous ont rejoints et le journal est devenu au fil du temps le deuxi&egrave;me moyen de communication de l’histoire du Chili. Bien que n&eacute; en r&eacute;gion, le journal a rapidement trouv&eacute; une diffusion nationale et, en se rendant disponible sur des lieux strat&eacute;giques, des lieux de prise de d&eacute;cision tels que Santiago ou Valparaiso (Le Chili &eacute;tant un pays tr&egrave;s centraliste), nous avons gagn&eacute; en influence. Contrairement &agrave; la plupart des m&eacute;dias au Chili, nous n’avons ni le soutien d’un parti politique ni d’un groupe &eacute;conomique ou religieux, nous sommes tout simplement le m&eacute;dia des mouvements sociaux dans le pays.</span></h2> <p> &nbsp;</p> <h2> <span style="font-size: 12px;">MB&nbsp;: Vous faites partie de la &laquo;&nbsp;<a href="http://www.mediosdelospueblos.org/">Red de Medios de los Pueblos</a>&nbsp;&raquo;. Pouvez-vous nous parler de cette organisation&nbsp;?</span></h2> <p> &nbsp;</p> <h2> <span style="font-size: 12px;">Nous sommes les fondateurs et promoteurs de cette structure qui r&eacute;unit diff&eacute;rents&nbsp; moyens de communication&nbsp;: imprim&eacute;s, web, tv et radio. La RMP (Le R&eacute;seau des m&eacute;dias des Peuples) a pour but de cr&eacute;er un espace d’information collectif entre les diff&eacute;rents m&eacute;dias o&ugrave; nous&nbsp; apprenons les uns des autres et partageons du contenu journalistique. Ce r&eacute;seau est une r&eacute;ponse au blocus&nbsp; h&eacute;g&eacute;monique impos&eacute; par le mass m&eacute;dia capitaliste. Nous nous trouvons &agrave; la fois dans la d&eacute;fense du droit &agrave; l’information et &agrave; la communication et dans l’impulsion d’une nouvelle loi sur les m&eacute;dias dans le pays.</span></h2> <p> &nbsp;</p> <p> <img original-height="799" original-width="600" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_813848523f2548d89c15dbc374388c53.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 600px; height: 799px;" /></p> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>El Ciudadano</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <h2> <span style="font-size: 12px;">MB&nbsp;: El Ciudadano, c’est plus qu’un journal, c’est un parti pris&nbsp;! Quels sont les combats que vous avez men&eacute;s&nbsp;? Vos victoires?</span></h2> <p> &nbsp;</p> <h2> <span style="font-size: 12px;">Gagner notre place sur la sc&egrave;ne des grands m&eacute;dias du pays fut notre principale bataille. Se retrouver dans les kiosques et fid&eacute;liser les lecteurs nous a permis d’op&eacute;rer et d’am&eacute;liorer notre travail journalistique. Nous avons consolid&eacute; la diffusion nationale du support papier puis, peu &agrave; peu, am&eacute;lior&eacute; notre site internet qui est en constants progr&egrave;s. D&eacute;sormais, El Ciudadano est le troisi&egrave;me m&eacute;dia le plus puissant du pays sur les r&eacute;seaux sociaux, devant les m&eacute;dias historiques nationaux qui&nbsp; ont, de loin, beaucoup plus de ressources. L’aventure du journal et les combats que nous avons men&eacute;s avec les mouvements sociaux sont nos victoires. Conjointement, nous avons plac&eacute; dans le d&eacute;bat public des sujets importants tels que ceux pour une &eacute;ducation gratuite et de qualit&eacute; ou celui sur la n&eacute;cessit&eacute; d’une assembl&eacute;e constituante et d’une nouvelle constitution pour mettre fin &agrave; l’h&eacute;ritage &eacute;manant d’une dictature…</span></h2> <h2> &nbsp;</h2> <h2> <span style="font-size: 12px;">MB&nbsp;: Existe-t-il une d&eacute;fiance de l’Am&eacute;rique Latine vis-&agrave;-vis des Etats Unis ou au contraire une certaine fascination&nbsp;? Vous publiez sur votre site, par exemple, un article d&eacute;crivant une th&eacute;orie sur la mort d’Hugo Chavez sign&eacute; d’Eva Golinger ou encore un papier (RT) parlant de la proposition de Ann Coulter pour stopper l’&eacute;migration mexicaine vers les EU…</span></h2> <h2> &nbsp;</h2> <h2> <span style="font-size: 12px;">Je pense que la frustration n’a jamais &eacute;t&eacute; aussi importante face &agrave; la promesse de d&eacute;mocratie. Je crois que nous sommes fatigu&eacute;s d’&ecirc;tre l’arri&egrave;re cour des Etats-Unis et de l’Union Europ&eacute;enne et pour qui connait un peu la r&eacute;alit&eacute; g&eacute;opolitique, on peut remarquer qu’il y a un processus de n&eacute;o-colonisation par les grandes puissances l&agrave; o&ugrave; le socialisme, les questions d’identit&eacute;s et de territoires ne leur conviennent pas. Nous vivons dans une soci&eacute;t&eacute; domin&eacute;e par l’int&eacute;r&ecirc;t de ceux qui contr&ocirc;lent le capital, dirigent aussi la plupart des m&eacute;dias. Ils peuvent ainsi instrumentaliser une v&eacute;rit&eacute; selon leur volont&eacute;. Soulever un doute, avoir un autre point de vue, une opinion contraire, ou faire de la r&eacute;sistance apparait alors comme du terrorisme&nbsp;!&nbsp;</span><span style="font-size: 12px;">La m&eacute;fiance g&eacute;n&eacute;r&eacute;e par les EU dans le monde est la cons&eacute;quence de sa propre politique &eacute;trang&egrave;re o&ugrave; le &laquo;&nbsp;soft power&nbsp;&raquo; r&eacute;v&egrave;le peu &agrave; peu son vrai visage. Ses d&eacute;sirs imp&eacute;rialistes ne sont pas morts, loin sans faux&nbsp;!</span></h2> <h2> &nbsp;</h2> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="399" original-width="600" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_e75c0e88299f41dc865bdaaa75c95bf7.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 600px; height: 399px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>Manifestation 2011 pour une &eacute;ducation gratuite et de qualit&eacute; &copy; El Ciudadano</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <h2> <span style="font-size: 12px;">MB&nbsp;: Suite aux sanctions internationales contre la Russie, le rapprochement (commercial dans un premier temps) de l’Am&eacute;rique latine et de la Russie n’est-il pas &agrave; craindre pour les EU&nbsp;?</span></h2> <h2> &nbsp;</h2> <h2> <span style="font-size: 12px;">Les EU n’aiment pas trop l’id&eacute;e que nous puissions nous associer avec les pays du BRICS (Br&eacute;sil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Ils ont besoin d’une &eacute;conomie r&eacute;elle pour soutenir leur propre &eacute;conomie et les ressources naturelles sont ici&nbsp;! La collaboration entre Am&eacute;rique Latine et BRICS peut avoir un co&ucirc;t inattendu pour l’&eacute;conomie anglo-saxonne.&nbsp;</span><span style="font-size: 12px;">Mais apr&egrave;s des ann&eacute;es d’extraction, avoir &eacute;t&eacute; le seul exportateur de mati&egrave;res premi&egrave;res &agrave; caus&eacute; de forts dommages &agrave; notre environnement. Ce que nous voulons d&eacute;sormais, c’est &eacute;tablir un nouveau trait&eacute; o&ugrave; les choses seraient plus &eacute;quilibr&eacute;es au moment d’&eacute;tablir des relations culturelles et &eacute;conomiques. Et plus qu’aux Etats-Unis, aujourd’hui, nous devons faire attention aux grandes corporations et aux fa&ccedil;ons d’agir d’une &eacute;lite transnationale anarchocapitaliste qui est capable de tout pour accroitre sa puissance.</span></h2> <h2> &nbsp;</h2> <h2> <span style="font-size: 12px;">MB&nbsp;: Michelle Bachelet (qui a de lointaines origines bourguignonnes) a &eacute;t&eacute; r&eacute;&eacute;lue au Chili cette ann&eacute;e. Est-ce une bonne chose pour l’&eacute;galit&eacute; dans votre pays&nbsp;?</span></h2> <h2> &nbsp;</h2> <h2> <span style="font-size: 12px;">C’est &eacute;videmment quelque chose que nous allons suivre. Son premier mandat a &eacute;t&eacute; le &laquo;&nbsp;meilleur&nbsp;&raquo; des 4 gouvernements de la coalition mais il y a encore beaucoup de retard dans l’action sociale. Elle est arriv&eacute;e au pouvoir avec un programme qui d&eacute;place l&eacute;g&egrave;rement &agrave; gauche l’action politique. Son premier d&eacute;fi sera d’investir sa majorit&eacute; sur le programme qui l’a port&eacute;e &agrave; l’&eacute;lection. Elle devra ensuite chercher l’appui social de la rue pour faire aboutir son programme sans pactiser avec la droite. Son d&eacute;fi, enfin, sera de faire que les changements&nbsp; s’op&egrave;rent de mani&egrave;re participative et non en portes closes.&nbsp;</span><span style="font-size: 12px;">Si elle a suffisamment de courage elle pourrait faire du Chili un pays plus d&eacute;mocratique, plus diversifi&eacute;, plus &eacute;galitaire, plus fraternel… Un pays meilleur&nbsp;!</span></h2> <h2> &nbsp;</h2> <h2> <span style="font-size: 12px;">MB&nbsp;: Avec bient&ocirc;t dix ans d’activit&eacute;, le visage du Chili a-t-il &eacute;volu&eacute; gr&acirc;ce &agrave; votre travail&nbsp;? Quelle est l’importance d’un m&eacute;dia comme le v&ocirc;tre en Am&eacute;rique Latine&nbsp;?</span></h2> <h2> &nbsp;</h2> <h2> <span style="font-size: 12px;">Ce que nous faisons, c’est simplement relater ou montrer au monde des &eacute;v&eacute;nements&nbsp; d’un point de vue libertaire. Nous voyons la communication, l’information&nbsp; comme des outils au service de la transformation sociale des peuples du Chili et de l’Am&eacute;rique Latine. Nous croyons qu’avec notre travail et celui des autres m&eacute;dias&nbsp; &laquo;&nbsp;fr&egrave;res&nbsp;&raquo; du continent, nous participons &agrave; la cr&eacute;ation d’une plus grande prise de conscience de notre droit &agrave; l’autod&eacute;termination dans les domaines &eacute;conomiques, sociaux et politiques, m&ecirc;me si le chemin est encore long...&nbsp;</span><span style="font-size: 12px;">L’affrontement est in&eacute;gal, nous sommes plusieurs David contre un Goliath blind&eacute;, mais nous sommes convaincus qu’avec la communication et une action directe de toute part, nous arriverons &agrave; faire comprendre qu’un changement solide ne peut &ecirc;tre construit que du bas vers le haut, que du local au global et uniquement de la main de l’ensemble des citoyens.</span></h2> <h2> <span style="font-size: 12px;">Propos recueillis par J&eacute;r&ocirc;me Gaillard,</span></h2> <h2> <span style="font-size: 12px;">Traduction de l’Espagnol par Guillermo G&oacute;mez et J&eacute;r&ocirc;me Gaillard</span></h2> <h2> <span style="font-size: 12px;"><a href="http://www.elciudadano.cl/">http://www.elciudadano.cl/</a></span></h2> <h2> &nbsp;</h2> Fri, 29 Aug 2014 11:46:01 GMT b125ed62-8ae2-4160-96ca-14056d990b34 YVES JAMAIT http://magmajerome.wix.com/magma/apps/blog/yves-jamait <p> <em><strong>UN DESTIN EPANOUISSANT</strong></em></p> <p> &nbsp;</p> <p> <img original-height="448" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_06a8b5ff76da4ca59bbaf95fb71e486a.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 448px;" /></p> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>Yves Jamait &copy; J&eacute;r&ocirc;me Gaillard</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Sur l’&eacute;criture d’un nouvel album pour fin 2015, Jamait n’en finit plus de collectionner les projets. Si certains artistes se noient dans les reprises ou les duos parce qu’en panne d’inspirations ou de courage, Yves lui, n’a jamais &eacute;tait aussi prolifique. Au-del&agrave; des hommages et des tributes classiques, ses aventures ressemblent plus &agrave; des d&eacute;fis artistiques qu’&agrave; une retraite. Un hommage au grand Brel avec 850 choristes, un au po&egrave;te Allain Leprest, un spectacle tribute &agrave; Guidoni en collaboration avec Benoit Lambert (metteur en sc&egrave;ne et directeur du TDB CDN) et un 6<sup>&egrave;me</sup> album studio en chantier… Rien &agrave; dire, le point de mire de Jamait reste ancr&eacute; au cœur de la po&eacute;sie et de la chanson fran&ccedil;aise. Et s’il n’est pas un artiste engag&eacute; sa conscience citoyenne, elle, reste plus que <em>Jamait</em> vivante&nbsp;!</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>M&nbsp;: La derni&egrave;re fois que je t’ai vu sur les planches, tu interpr&eacute;tais du Guidoni, un grand moment pour les spectateurs et pour moi. Tu reviens avec ce spectacle &agrave; la rentr&eacute;e, combien de date sont-elles pr&eacute;vues&nbsp;?</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Jamait</strong>&nbsp;: Oui et je suis &eacute;tonn&eacute; de ce succ&egrave;s. M&ecirc;me si j’&eacute;tais assez content du travail effectu&eacute; en amont on ne sait jamais au final comment cela sera per&ccedil;u par le spectateur et j’avoue que j’ai &eacute;t&eacute; agr&eacute;ablement surpris par cet accueil. Pour ceux qui l’ont manqu&eacute;, on revient effectivement avec ce spectacle pour une quinzaine de dates dont trois &agrave; Dijon, du 18 au 20 septembre. Cette tourn&eacute;e s’ach&egrave;vera le 14 janvier &agrave; Arcachon.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>M&nbsp;: C’&eacute;tait une nouvelle exp&eacute;rience pour toi cette mise en sc&egrave;ne d’un &nbsp;&laquo;&nbsp;cabaret spectacle&nbsp;&raquo; ?</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>YJ&nbsp;</strong>: Oui, c’&eacute;tait quelque chose de totalement nouveau pour moi, c’est vraiment la rencontre avec Benoit Lambert qui a motiv&eacute; cela. On s’est rencontr&eacute; deux ou trois fois, on s’est appr&eacute;ci&eacute; &nbsp;puis on s’est dit que ce serait marrant d’arriver &agrave; travailler ensemble d’autant qu’on savait que personne ne s’attendrait &agrave; cette collaboration. Moi venant de la vari&eacute;t&eacute; et lui de la culture avec un grand C, c’&eacute;tait un peu improbable. C’est Guidoni, qui, au fil de nos discussions nous a rapproch&eacute;s mais au d&eacute;part il n’y avait pas de plan. On trouvait juste dommage qu’une œuvre telle que celle de Guidoni ne soit pas repr&eacute;sent&eacute;e comme une œuvre th&eacute;&acirc;trale.</p> <p> &nbsp;</p> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="385" original-width="257" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_b51f7ebc2feb43b88e3b9e94337bd92c.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 257px; height: 385px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>Yves Jamait &copy; J&eacute;r&ocirc;me Gaillard</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>M&nbsp;: Guidoni a-t-il assist&eacute; au spectacle&nbsp;? </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>YJ</strong>&nbsp;: Jean l’a vu, oui, il &eacute;tait assez interloqu&eacute;. En effet, on visite son pass&eacute; et ce qu’il fait encore aujourd’hui car il continue de chanter certaines de ses chansons m&ecirc;me s’il ne les joue plus de la m&ecirc;me fa&ccedil;on. Il n’a plus son maquillage maintenant mais des titres comme <em>Djemila</em>, <em>Les Draps Blancs</em> sont encore dans son r&eacute;pertoire. En ce moment, on est r&eacute;uni dans un spectacle qui s’appelle&nbsp;<em>O&ugrave; vont les chevaux quand ils dorment&nbsp;?</em> autour d’Allain Leprest que l’on joue &eacute;galement avec Romain Didier. Nous sommes devenus assez proches ce qui me permet de dire que <em>Tout va Bien</em> a &eacute;t&eacute; un peu d&eacute;sar&ccedil;onnant pour lui. On a pas mal discut&eacute; et il a &eacute;t&eacute; jusqu’&agrave; me dire que j’interpr&eacute;tais mieux que lui certaines chansons dont <em>Je pourris camarade</em> qu’il a &eacute;crite. C’est assez agr&eacute;able &agrave; entendre, j’avoue. Je pense que cela &agrave; du &ecirc;tre assez bouleversant pour lui de revivre tout cela.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>M&nbsp;: La salle &eacute;tait pleine, beaucoup de personnes d’un certain &acirc;ge, beaucoup de monde boulevers&eacute; mais aussi une certaine g&ecirc;ne…</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>YV&nbsp;:</strong> C’est s&ucirc;r que les textes peuvent d&eacute;ranger, Pierre Philippe, l’auteur des trois quart des chansons creuse des choses qui sont parfois des r&eacute;miniscences de rancœur, des th&egrave;mes qui sont loin d’&ecirc;tre les plus nobles chez l’&ecirc;tre humain.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MB&nbsp;: Dans un autre registre mais toujours dans la chanson fran&ccedil;aise, tu vas chanter du Jacques Brel &agrave; Troyes, durant les Nuits de Champagne, comment appr&eacute;hendes-tu ce r&eacute;pertoire&nbsp;?</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>YJ</strong>&nbsp;: Oui, belle transition&nbsp;! Je vais donc revoir Jean Guidoni Aux Nuits de Champagne pour l’hommage &agrave; Allain Leprest dont je te parlais tout &agrave; l’heure. Donc trois spectacles &agrave; Troyes, le mien autour de l’album <em>Amor Fati</em>, <em>O&ugrave; vont les Chevaux quand ils dorment </em>autour de Leprest et le spectacle autour de Jacques Brel avec les 850 choristes que je vais partager avec Clarika et Pierre Lapointe. On a chacun deux ou trois chansons de Jacques Brel &agrave; interpr&eacute;ter et une chanson de notre propre r&eacute;pertoire. Pas d’appr&eacute;hension particuli&egrave;re, je suis m&ecirc;me plut&ocirc;t enthousiaste et je dirais que j’ai 850 raisons d’&ecirc;tre enthousiaste&nbsp;! J’ai eu la chance au mois de mai d’aller faire un spectacle avec Romain Didier qui m’avait &eacute;crit un r&ocirc;le sur mesure dans le cadre du festival Nancy Voix du Monde et j’ai chant&eacute; avec 250 choristes et Elisa Tovati qui tenait l’autre r&ocirc;le. 250 &ccedil;a secoue bien les trippes, alors 850… Et qui plus est sur un r&eacute;pertoire qui n’a plus besoin de faire ses preuves&nbsp;! On aura chacun des chansons qui sont relativement connues (mais myst&egrave;re&nbsp;!) et qui ont d&eacute;j&agrave; fait chavirer un paquet de gens, bref, j’y vais vraiment en confiance&nbsp;! J’ai envie de faire mon travail de mon mieux, &ccedil;a c’est clair, mais&nbsp; interpr&eacute;ter l’œuvre de Allain Leprest et celle de Jacques Brel, c’est un vrai plaisir et une grande chance.&nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>M&nbsp;: Penses-tu que &ccedil;a se fera dans l’autre sens un jour&nbsp;? Chantera-t-on du Yves Jamait avec la m&ecirc;me ferveur&nbsp;sous de grands festivals ? </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> YJ&nbsp;: Je ne sais pas, je serai mort d’ici l&agrave;. Je n’ai bien s&ucirc;r pas l’impact d’un Brel ni le m&ecirc;me &eacute;cho m&eacute;diatique et puis, aujourd’hui, c’est plus difficile de se faire une place. Jamait on le reconnait gr&acirc;ce &agrave; sa casquette pas &agrave; ses chansons.</p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;<strong>MB&nbsp;: Un titre de ton premier album a longtemps raisonn&eacute; comme un hymne aux oreilles du peuple ouvrier, un titre qui a certainement particip&eacute; &agrave; ton succ&egrave;s <em>Y’en a qui</em>. Que penses-tu aujourd’hui de la tournure des &eacute;v&eacute;nements pour les intermittents du spectacle d’une part et plus largement pour le travailleur fran&ccedil;ais&nbsp;? </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>YJ</strong>&nbsp;: Oui, c’est marrant, il y a une chanson dans mon premier album qui a fait de moi un chanteur engag&eacute; c’est pour cela que sur le second j’ai dit partout&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je ne suis pas un chanteur engag&eacute;&nbsp;!&nbsp;&raquo;. Je suis un artiste pas un politicien sinon j’aurais fait de la politique et pas de la chanson mais forc&eacute;ment en tant qu’artiste j’ai un regard sur la soci&eacute;t&eacute;, un regard social et si dans mes chansons je ne parle pas de social alors mes chansons deviennent creuses&nbsp;! Mais pour revenir &agrave; <em>Y’en &agrave; qui,</em> je l’ai &eacute;crite quand je travaillais chez Urgo apr&egrave;s avoir vu un employ&eacute; se voir refuser une augmentation de 200 francs par son patron qui quelques heures plus tard sortait avec une Camaro de l’usine. J’ai trouv&eacute; cela plut&ocirc;t ind&eacute;cent, voil&agrave; l’histoire.</p> <p> En ce qui concerne l’actualit&eacute; sociale, je suis le premier &agrave; la d&eacute;noncer mais le probl&egrave;me maintenant en d&eacute;non&ccedil;ant est qu’on se retrouve aux c&ocirc;t&eacute;s du Front National et c’est quelque chose de tr&egrave;s d&eacute;sagr&eacute;able&nbsp;! J’ai toujours peur de cette r&eacute;cup qu’il peut y avoir. Pour ce qui est des intermittents, je pense qu’ils sont vraiment le reflet de ce qui se passe dans cette soci&eacute;t&eacute; et&nbsp; je participe &agrave; certaines des manifestations. Il n’y a qu’&agrave; regarder dans tous les livres d’Histoire, quand on n’investit plus dans la culture &ccedil;a peut &ecirc;tre dramatique derri&egrave;re. Je suis aussi le premier &agrave; &ecirc;tre r&eacute;volt&eacute; de voir des gens se faire licencier par paquet. Quand Amora, &agrave; Dijon, licenciait 400 personnes j’ai invit&eacute; les gens, la veille de la manif, &agrave; venir soutenir ces futurs ch&ocirc;meurs qui avaient tous une histoire commune avec nous. Ils &eacute;taient nos voisins, des amis ou des amis d’amis, des membres de la famille. On est tous concern&eacute;s par ce genre d’histoire. Je suis engag&eacute; mais en tant que citoyen parce que beaucoup de choses m’&eacute;nervent, me r&eacute;voltent, h&eacute;las, je n’ai pas les solutions. Mais quand on donne 6, 6 milliards d’euros &agrave; la banque Dexia et qu’on n’arrive pas &agrave; donner aux ch&ocirc;meurs, l&agrave;, je ne comprends pas. Que la question soit simpliste, je veux bien, mais qu’on nous donne quand m&ecirc;me une r&eacute;ponse&nbsp;!</p> <p> <strong>Je ne suis pas un chanteur engag&eacute; mais je le suis un peu plus quand m&ecirc;me que Tal ou M Pokora</strong>&nbsp;! L’essentiel pour moi, tu l’as compris, c’est que l’engagement n’efface pas mon travail, mes chansons, car je suis avant tout un artiste.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <u><strong>Toutes nos interviews sur <a href="http://www.magma-magazine.fr ">WWW.MAGMA-MAGAZINE.FR</a></strong></u></p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Jamait vous donne rendez-vous d&egrave;s le 12 septembre pour la <a href="http://fete.humanite.fr/">f&ecirc;te de l’Humanit&eacute;</a>, le 13 &agrave; Saulieu, du 18 au 20 &agrave; Dijon (<a href="http://www.tdb-cdn.com/"><em>Tout va bien</em></a>), le 3 octobre au <a href="http://www.embarcadere-montceau.fr/tango-swing-et-bretelles-2014">festival Tango Swing et Bretelles</a> &agrave; Montceau-les-Mines, le 6 &agrave; Chatillon sur Seine et du 23 au 25 octobre aux<a href="http://www.nuitsdechampagne.com/"> Nuits de Champagne</a>, &agrave; Troyes. </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Pour tout savoir sur Yves Jamait&nbsp;: <a href="http://www.jamait.fr/">www.jamait.fr</a></strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> Fri, 29 Aug 2014 11:18:00 GMT f41048d8-084a-4c0b-8ece-291977b90068 ANA DIAS http://magmajerome.wix.com/magma/apps/blog/ana-dias <p> <strong><em>UNE INTIM</em></strong><strong><em>E CONVICTION</em></strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <img original-height="382" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_bb5ad55989d94f13865996ab779456eb.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 382px;" /></p> <p> <em>Ana Dias &copy; Ana Dias</em></p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>On ne choisit pas le m&eacute;tier de photographe, c’est lui qui nous choisit. C’est en tout cas ce qui s’est pass&eacute; pour Ana Dias, notre jeune artiste portugaise en couverture de ce num&eacute;ro. Fascin&eacute;e depuis toujours par l’image, par le jeu de la lumi&egrave;re sur le corps et par la beaut&eacute; d&eacute;nud&eacute;e de ce dernier, Ana est rapidement devenue une d&eacute;voreuse d’images en attendant le jour o&ugrave;, &agrave; son tour, elle pourrait publier dans les revues qu’elle affectionne. Aujourd’hui, la collection continue mais il s’agit de ses propres photos&nbsp;! Des revues d’art aux revues &eacute;rotiques, Ana Dias nous fait d&eacute;couvrir l’&eacute;ventail de son univers.</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MM: Ana, tu es l'auteure de notre photo de couverture. Que repr&eacute;sente-t-elle pour toi en dehors du contexte de sa r&eacute;alisation&nbsp;?</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>AD</strong>&nbsp;: La photo de votre couverture, intitul&eacute;e <em>Big Girls Don’t Cry</em>&nbsp;, fait sans aucun doute partie de mes travaux les plus sp&eacute;ciaux. Il s'agit d'une session avec trois filles souriantes sur ​​une plage des ann&eacute;es 50. J’ai toujours une grande affection et une grande nostalgie devant ces images. Techniquement, j’ai eu recours &agrave; peu de moyen pour concr&eacute;tiser ce projet, mais quand j'ai vu le r&eacute;sultat final, j’ai ressenti une grande fiert&eacute; pour mon travail et celui de mon &eacute;quipe. Les propositions ont suivi, de nombreux projets se sont succ&eacute;d&eacute;. C’est ce qui m’a fait sortir de l’anonymat et lanc&eacute; ma carri&egrave;re professionnelle.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MM: D'o&ugrave; te vient le go&ucirc;t pour la photographie? Quel est ton parcours? </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>AD</strong>&nbsp;: J'ai toujours eu une grande fascination pour l'art et c’est la raison qui m’a incit&eacute;e &agrave; entreprendre des &eacute;tudes en Arts Plastiques, &agrave; Porto. L'int&eacute;r&ecirc;t pour la photographie, quant &agrave; lui, est n&eacute; de celui que j’ai depuis l'enfance pour l'image et la composition. R&eacute;unis, la photographie et les arts plastiques sont des formes d'art qui me permettent de partager ce que j’aime au plus profond de moi.</p> <p> C’est dans les Arts Plastiques que j’ai appris les notions de lumi&egrave;re, de couleur et de composition. Mon sens de l’esth&eacute;tisme s’est form&eacute; sur cette base. Les photos que je r&eacute;alise sont pens&eacute;es dans le moindre d&eacute;tail, bien avant le d&eacute;clenchement de l’appareil... C'est une peinture id&eacute;alisant une sc&egrave;ne et non un moment captur&eacute; par hasard.</p> <p> &nbsp;</p> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="434" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_e75694e19ec543cba7dfd7eae0183bd6.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 434px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>Big Girl don't Cry &copy; Ana Dais</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MM: Comment devient-on photographe de charme? </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>AD</strong>&nbsp;: Le plus important c’est le d&eacute;vouement pour son art et le sens de l'esth&eacute;tique. Il faut s’investir dans ce qu’on &nbsp;aime, chercher la perfection… Alors les opportunit&eacute;s apparaitront.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MM: Quels sont les photographes qui t’inspirent le plus? </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> AD&nbsp;: J'aime particuli&egrave;rement Ellen Von Unwerth, Helmut Newton et Tony Kelly. Ce que j'aime le plus chez eux, c’est leur vision de l'&eacute;rotisme. Le mod&egrave;le occupe toujours le premier plan et les photos sont emplies de glamour et d’&eacute;rotisme subtil. Comme la beaut&eacute; de l'&eacute;rotisme est &eacute;galement l'un des th&egrave;mes pr&eacute;dominants de mon travail, je ressens une grande admiration pour ces photographes. J’appr&eacute;cie aussi beaucoup le travail d'Eugenio Recuenco avec son style tr&egrave;s particulier, tr&egrave;s cr&eacute;atif et cin&eacute;matographique. La composition des sc&egrave;nes et le dramatisme des personnages est incroyablement rigoureux et la ma&icirc;trise de la couleur et de la lumi&egrave;re est spectaculaire. Il en r&eacute;sulte des images puissantes d’une grande beaut&eacute; sc&eacute;nique. Pour moi, Recuenco apparait comme un peintre m&eacute;ticuleux qui, au lieu de pinceaux, utilise l'appareil photo.</p> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="434" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_dfffb715e1aa4d268790d2df962c3b41.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 434px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>photo &copy; Ana Dias</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MM&nbsp;: Sur internet on voit beaucoup de photos de toi portant sur le nu, l’&eacute;rotisme et beaucoup d’entre elles nous ram&egrave;nent en arri&egrave;re. Je pense &agrave; ta s&eacute;rie pin-up &eacute;videmment, aux photos autour de Marylin Monroe aussi, et pour finir aux clins d’œil aux ann&eacute;es 80. Es-tu nostalgique d’une &eacute;poque o&ugrave; es-tu dans la recherche d’un esth&eacute;tisme&nbsp;? </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>AD</strong>&nbsp;: J’aime cet esth&eacute;tique tr&egrave;s vintage : les ann&eacute;es 80 et les ann&eacute;es 50 sont mes &eacute;poques pr&eacute;f&eacute;r&eacute;es. Je m'identifie beaucoup aux 80’s puisque que j’y suis n&eacute;e et que mon enfance s’est d&eacute;roul&eacute;e &agrave; cette &eacute;poque. Beaucoup de mes r&eacute;f&eacute;rences sur l’esth&eacute;tisme et sur la beaut&eacute; viennent pr&eacute;cis&eacute;ment de mon enfance et donc de cette d&eacute;cennie. Pour ce qui est des ann&eacute;es 50, c’est une p&eacute;riode o&ugrave; les pin-up faisaient fureur et j'adore les pin-up!</p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MM&nbsp;: Tu fais les couvertures de magazines c&eacute;l&egrave;bres tels que <em>Playboy</em> (pour plusieurs pays) ou <em>FHM</em>… Comment arrive- t- on &agrave; d&eacute;crocher ce type de contrat, la concurrence doit &ecirc;tre rude&nbsp;?</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>AD</strong>&nbsp;: <a href="http://www.playboymagazinestore.com/"><em>Playboy</em></a> m'a toujours fascin&eacute;e en tant que magazine pour son &eacute;rotisme glamoureux et j’ai toujours travaill&eacute; dans l’espoir d’y voir figurer mes photos. J'ai commenc&eacute; par faire des clich&eacute;s de nus pour enrichir mon porte-folio puis, un jour, j’ai d&eacute;couvert que <em>Playboy</em> Serbie organisait un concours de photos, j’ai alors tent&eacute; ma chance et suis devenue l’un des laur&eacute;ats. A partir de ce moment, j’ai&nbsp; &eacute;t&eacute; contact&eacute;e par <em>Playboy</em> Portugal afin d’entamer une collaboration. Je suis bien consciente que la concurrence est rude et qu’on a besoin de transpirer beaucoup pour se faire une place, mais il faut toujours se battre pour r&eacute;aliser ses r&ecirc;ves. Le mien actuellement serait de travailler avec <em>Playboy</em> dans tous les pays du monde. Pour le moment, je collabore avec le magazine dans 12 pays&nbsp;!</p> <p> &nbsp;</p> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="600" original-width="450" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_202d9d5f983d40ce8b582809fdff8439.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 450px; height: 600px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>photo &copy; Ana Dias</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MM&nbsp;: le fait d’&ecirc;tre une femme est-il un avantage pour la pratique de la photo de charme&nbsp;? </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>AD</strong>&nbsp;: Je pense que le plus grand avantage que l’on peut avoir en tant que femme &agrave; photographier des femmes, est que l’on peut se voir, s’imaginer de l’autre c&ocirc;t&eacute; de l’appareil. Je sais comment mettre en valeur mes mod&egrave;les et apporter glamour et charme &agrave; une composition photographique.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MM&nbsp;: Ton beau pays est- il un mat&eacute;riel photographique pour toi&nbsp;?</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>AD</strong>&nbsp;: Mon pays sera toujours un mat&eacute;riel pr&eacute;cieux dans la r&eacute;alisation de mon travail. Nous avons des plages magnifiques et un climat assez agr&eacute;able, c’est toujours un plaisir de travailler chez moi&nbsp;!</p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Propos recueillis par J&eacute;r&ocirc;me Gaillard </strong></p> <p> <strong>Traduction Rita Alves </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <u><strong>Toutes nos interviews sur&nbsp;<a href="http://www.magma-magazine.fr ">WWW.MAGMA-MAGAZINE.FR</a></strong></u></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Le <a href="http://theatre.crous-dijon.fr/">Th&eacute;&acirc;tre Mansart</a> &agrave; Dijon, lieu d&eacute;di&eacute; &agrave; la jeune cr&eacute;ation, a choisi de mettre en exergue le travail d’Ana Dias &agrave; travers son programme. </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> Pour en savoir plus sur Ana Dias&nbsp;: <a href="http://www.anadiasphotography.com/">www.anadiasphotography.com</a></p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> Fri, 29 Aug 2014 05:37:29 GMT 8e5be01b-e2a2-454f-93a9-33f1d6eb86f9 DETROIT http://magmajerome.wix.com/magma/apps/blog/détroit-1 <p> La vapeur Dijon / 23 avril 2014</p> <p> &nbsp;</p> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="434" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_dcfec574f6fc487798e3af0b91195a2c.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 434px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>Bertrand Cantat -D&eacute;troit &copy; J&eacute;r&ocirc;me Gaillard</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> La foule est dense et les quadrag&eacute;naires sont l&eacute;gions, chacun s’agrippe solidement &agrave; sa place pour ne rien manquer du retour de Cantat. L’attente est longue, est-ce le trac&nbsp;?</p> <p> Puis, il arrive… la foule scande son pr&eacute;nom. Timide, Cantat nous adresse des sourires g&ecirc;n&eacute;s, l’impression d’un premier flirt, il remercie et on sent bien que &ccedil;a lui a manqu&eacute; tout &ccedil;a…</p> <p> Le meilleur groupe de rock fran&ccedil;ais donnait son dernier concert en 2002 quelques mois avant le tragique &eacute;v&eacute;nement que tout le monde connait. Nous sommes 12 ans plus tard, il remonte enfin sur sc&egrave;ne, c’est dire l’&eacute;motion du public mais surtout celle de celui qui nous livre timidement mais sans avoir perdu de son talent d’&eacute;criture <em>Ma Muse&nbsp;</em>puis <em>Horizon </em>se dessine et on comprend ce qu’il a endur&eacute; &agrave; l’abri du soleil, on imagine ce qui se passe sous ce cr&acirc;ne et on devine dans quelques &eacute;carts de voix la douleur infinie et les remords immenses… Des frissons nous parcourent le corps et nous chavirons tous ensemble, on l’encourage, il se d&eacute;tend peu &agrave; peu et lance <em>Des Visages des figures</em>, <em>A ton &eacute;toile,</em> <em>Lazy… </em>La salle l’accompagne et Bertrand lui, rego&ucirc;te au sucre de la sc&egrave;ne, il aime &ccedil;a, il ne sait faire que &ccedil;a et on comprend ce soir que, sans elle, il n’est rien&nbsp;! Les titres s’enchainent, m&ecirc;lant D&eacute;troit et Noir Des’ et vient enfin le morceau l&eacute;gendaire que les Aficionados n’osaient plus esp&eacute;rer entendre en live&nbsp;: <em>Tostaky.</em> Noir D&eacute;sir hante la salle m&ecirc;me si les jeux de Pascal Humbert, Bruno Green et Nicolas Boyer sont impeccables. Un peu avant de nous quitter, le chanteur de D&eacute;troit convoque Ferr&eacute; sur <em>Des Armes</em> dans une version bouleversante. La salle est tout enti&egrave;re conquise et l’&eacute;motion est palpable. Quelque chose d’&eacute;norme vient d’avoir lieu ce soir &agrave; la Vapeur.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>JG</strong></p> Thu, 26 Jun 2014 16:54:15 GMT 3e1e9e6a-436a-4ad0-9990-72b54aefa63c Quand je pense qu’on va vieillir ensemble http://magmajerome.wix.com/magma/apps/blog/quand-je-pense-quon-va-vieillir-ensemble <p> Cie les Chiens de Navarre</p> <p> Th&eacute;&acirc;tre en Mai, Parvis St Jean - Dijon</p> <p> &nbsp;</p> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="433" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_1a8856177742401282b69e2b523967e6.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 433px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>Les Chiens de Navarre&copy; JP Estournet</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> Tout ceci est arriv&eacute; peu de temps avant le d&eacute;sastre. Ne restent d&eacute;sormais que des lambeaux de chair, chauds comme de la braise, dansant sur la musique d’Otis Redding, <em>I’ve been loving you too long </em>pendant que d’autres, zombies hilares ensanglant&eacute;s, font rouler des boules de p&eacute;tanque dans une ar&egrave;ne aux portes de l’enfer.&nbsp; Et nous&nbsp;sommes spectateurs de tout cela…</p> <p> Mais rappelons l’origine des faits&nbsp;:</p> <p> Un homme est humili&eacute; pendant une pr&eacute;paration &agrave; un entretien d’embauche. Une femme est d&eacute;molie lors d’une formation. Des identit&eacute;s sont ni&eacute;es lors d’une s&eacute;ance de coaching. Une femme vomit sa vie de couple. Un homme prend des cours de s&eacute;duction et devient un monstre, il a 38 ans. Une princesse d&eacute;couvre le sexe de son lapinou et joue avec sans son consentement. Tous les Roms sont des artistes. Une matrice fait du shopping. Thomas, le lapinou, devient fou et tente d’arracher ce qui l’&eacute;loigne de l’innocence…</p> <p> Les Chiens de Navarre interrogent nos vies et nous montrent avec humour et cynisme comment nous nous abandonnons &agrave; un syst&egrave;me d&eacute;shumanisant qui fait r&eacute;gner, plus que jamais en ces temps de crise, la loi du plus fort. Nous nous laissons lisser, dompter, conditionner, &eacute;craser, briser pour entrer dans de petits trous de souris o&ugrave; d’humain nous n’avons plus que le nom. La mis&egrave;re est exploit&eacute;e sous toutes ses formes jusque dans notre intimit&eacute; et ravit le vide sadique de nos tortionnaires proches ou moins proches. Notre m&eacute;moire le savait&nbsp;: l’homme est un loup…</p> <p> Pourtant, sous la lune, un couple se d&eacute;nude et se couche l’un &agrave; c&ocirc;t&eacute; l’autre en se contentant d’&ecirc;tre heureux, juste heureux…</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>JG</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> Thu, 26 Jun 2014 10:44:45 GMT 9e23c617-0f3a-4b58-b5fd-4e876c64d8f7 FOREST http://magmajerome.wix.com/magma/apps/blog/forest <p> Th&eacute;&acirc;tre en Mai, jardin du Mus&eacute;e Arch&eacute;ologique</p> <p> J&eacute;r&ocirc;me Thomas</p> <p> &nbsp;</p> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="434" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_bdd4a66953cf4103bf580171af37bd0a.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 434px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>Forest &copy; Christophe Raynaud de Lage&nbsp;</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> La file est longue devant ce merveilleux th&eacute;&acirc;tre de bois o&ugrave; on entre en silence comme dans une cath&eacute;drale imbib&eacute;e d’une moite obscurit&eacute;. Les portes se ferment, on respire l’odeur des sous bois, on scrute le chahut des brindilles qui craquent sous les pas. On est entre nous, dans l’intimit&eacute; de the <em>Forest</em>. Soudain, on surprend en pleine parade nuptiale un couple de faisans&nbsp;! Ils se tournent autour, se cherchent, jouent longtemps -trop longtemps sans doute- et c’est la po&eacute;sie qu’on voulait accrocher au d&eacute;cor qui brusquement se d&eacute;robe. Mais J&eacute;r&ocirc;me Thomas se chauffe, la locomotive prend le temps de s’&eacute;lancer, les engrenages se mettent p&eacute;niblement en mouvement, &ccedil;a souffle, &ccedil;a soupire, &ccedil;a ren&acirc;cle et &ccedil;a transpire. L’atmosph&egrave;re est lourde tandis que l’accord&eacute;on du talentueux Jean-fran&ccedil;ois Ba&euml;z emplit peu &agrave; peu la pi&egrave;ce d’un vent frais. La sc&egrave;ne se met &agrave; tourner comme un man&egrave;ge improbable et il ne faudra plus qu’un sac de plastique vert pour entendre le public se rel&acirc;cher et rire. A y est&nbsp;! La machine est lanc&eacute;e, sueur et salive sont convoqu&eacute;es, c’est maintenant l’&eacute;preuve de force, jonglage renvers&eacute;, jeu d’&eacute;quilibriste sous canne, sous boules, danse, claquette… La tension et la l&eacute;g&egrave;ret&eacute; se succ&egrave;dent, s’&eacute;changent les r&ocirc;les. De baloche en saccade, J&eacute;r&ocirc;me Thomas et Aur&eacute;lie Varrin souffrent dans un spectacle qui n’est ni du cirque ni du th&eacute;&acirc;tre mais une performance physique ou plus exactement une &eacute;tude sur les corps soumis aux lois de la physique.</p> <p> &nbsp;</p> <p> JG</p> Thu, 26 Jun 2014 10:28:21 GMT b1ea9403-51a0-4ffe-aa76-35fc3d099668 L’Avare : un portrait de famille en ce début de 3ème millénaire http://magmajerome.wix.com/magma/apps/blog/lavare-un-portrait-de-famille-en-ce <p> Th&eacute;&acirc;tre en Mai / dimanche 25 mai / Th&eacute;&acirc;tre Mansart (Dijon 21)</p> <p> &nbsp;</p> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="977" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_65737db1b20846c5b90ec5c899638769.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 977px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>L'Avare &copy; J&eacute;r&ocirc;me Gaillard</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> D&eacute;poussi&eacute;rer &agrave; ce point Moli&egrave;re peut para&icirc;tre un poil troublant mais lorsqu’on se penche sur la scolarit&eacute; subie par certains d’entre nous qui ont aval&eacute; les classiques comme de l’huile de foie de morue, on se dit qu’une transcription contemporaine du th&eacute;&acirc;tre et de la litt&eacute;rature n’est pas un luxe mais une perm&eacute;abilit&eacute;.</p> <p> Tout commence par une chanson de Nirvana, une reprise de Bowie The man who sold the world qui est comme l’&eacute;cho d’une jeunesse d&eacute;senchant&eacute;e, d&eacute;sempar&eacute;e… C’est la &laquo; loose &raquo; de la G&eacute;n&eacute;ration X qui r&eacute;alise qu’on lui a tout pris jusqu’&agrave; l’environnement. L’avarice, c’est une autre g&eacute;n&eacute;ration, celle des Baby-boomers, qui a tout rafl&eacute; et qui a le plus grand mal &agrave; partager alors qu’elle est en grande partie responsable du sort du monde moderne. Les richesses sont confisqu&eacute;es, il ne reste plus que les plaies ! &laquo; Fuck les vieux &raquo; ! Peut-on lire sur le ventre d’une des com&eacute;diennes, en clin d’œil au Femen. Alors, on se prend &agrave; r&ecirc;ver… &Ccedil;a ne co&ucirc;te rien le r&ecirc;ve ! On veut &ecirc;tre heureux… on s’imagine en m&eacute;nage h&eacute;t&eacute;ro ou pas, on se voit au volant de sa belle voiture, on fait des plans… Des plans de r&eacute;volte aussi, on r&ecirc;ve de tuer le p&egrave;re, de prendre l’argent qui nous revient… Mais la solidarit&eacute; manque au courage alors que les plaies n’en finissent plus de suinter : trahison, int&eacute;r&ecirc;t, ambition, infid&eacute;lit&eacute;, arnaque… Et puis, cet argent qui manque et le souci croissant de consommer alimentent cette d&eacute;pendance et font de nous d’&eacute;ternels enfants. Finalement, les r&ecirc;ves se d&eacute;gradent, l’angoisse s’insinue et tout nous saute &agrave; la gueule jusqu’&agrave; l’empoisonnement par le plastique des bouteilles d’eau…</p> <p> La mort ? Un trou noir dans un frigo, Forever young, I want to be forever young…</p> <p> PeterLicht porte l’avarice d’un Arpagon, transpos&eacute; trois si&egrave;cles et demi plus tard &agrave; son paroxysme, on l’appelle d&eacute;sormais : le Capitalisme.</p> <p> &nbsp;</p> <p> JG</p> <p> &nbsp;</p> <p> Texte : PeterLicht d’apr&egrave;s Moli&egrave;re</p> <p> Mise en sc&egrave;ne : Catherine Umbdenstock</p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> Thu, 26 Jun 2014 07:19:25 GMT f4b26ad4-8260-470c-b7d6-fb8fa7dde8de Détroit http://magmajerome.wix.com/magma/apps/blog/détroit <p> <strong><em>A la crois&eacute;e</em></strong><strong><em> des chemins</em></strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <img original-height="435" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_a78b87c600d742508f291c6c2e481f50.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 435px;" /></p> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>Bertrand Cantat &copy; J&eacute;r&ocirc;me Gaillard</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Bertrand Cantat, mythe vivant de la sc&egrave;ne rock fran&ccedil;aise, n’aurait sans doute pas repris tout de suite le chemin de la sc&egrave;ne s’il n’avait pas trouv&eacute; sur sa route un certain Pascal Humbert et, plus tard, son ami Bruno Green&nbsp;: musicien, ing&eacute;nieur du son, producteur… On l’a connu du c&ocirc;t&eacute; de Rennes pendant de longues ann&eacute;es en solo, il y a eu ensuite l’aventure Santa Cruz qu’on a d&eacute;couvert sur le tard en Bourgogne (en 2008 sur le festival Nevers &agrave; Vif et en 2013 sur le festival G&eacute;n&eacute;riq &agrave; Dijon) et puis, plus r&eacute;cemment, sur la coproduction de l’album <em>Horizon&nbsp;</em>de D&eacute;troit qui fait sensation.</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <img original-height="433" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_2cfc183c64cf408bb3c275c2dbefebc0.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 433px;" /></p> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>Bruno Green &copy; Gianni Villa</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Rencontre avec Bruno Green…</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>J-M J&nbsp;: Bruno, c’est un grand plaisir de te retrouver ici, &agrave; Bourges, sur ce projet avec une tourn&eacute;e de presque 80 dates et un accueil exceptionnel, quasi au-del&agrave; des esp&eacute;rances…</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>BG</strong>&nbsp;: Au-del&agrave; des esp&eacute;rances, oui, mais pour ramener les choses &agrave; leur origine nous n’avions pas fait de plan pour une &eacute;ventuelle tourn&eacute;e pendant tout le temps de la conception de l’album qui d’ailleurs a &eacute;t&eacute; un peu boud&eacute; au d&eacute;part par les circuits habituels . Et je dis cela sans amertume…Ce qui est fantastique c’est que c’est le public qui s’est appropri&eacute; ce disque&nbsp;! &nbsp;C’est lui qui a fait la d&eacute;marche d’&eacute;couter, d’acheter l’album, ce sont les gens qui ont rempli les salles. On a vu naitre un ph&eacute;nom&egrave;ne qui n’a pas arr&ecirc;t&eacute; de s’amplifier et la tourn&eacute;e est sold out pour les quelques mois qui viennent… Oui, c’est surprenant, on ne s’attendait vraiment pas &agrave; cela, il n’y avait rien d’acquis.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>JMJ&nbsp;: Au-del&agrave; de tout ce qui a pu &ecirc;tre dit et &eacute;crit autour de Bertrand, il y a quand m&ecirc;me ce disque et on est surtout l&agrave; pour &ccedil;a et je crois que le public ne s’y est pas tromp&eacute;&nbsp;! Bruno, peux- tu nous parler de la gen&egrave;se de cet album&nbsp;?</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>BG</strong>&nbsp;: Pour moi, il y a d&eacute;j&agrave; cette longue amiti&eacute; avec Pascal Humbert, un projet commun qui s’appelle Lilium et un album, <em>Felt,</em> sorti en 2010. Pascal,&nbsp;&eacute;galement ami de Bertrand, a donc fait appel &agrave; moi lorsqu’il a fallu travailler en confiance avec quelqu’un et commencer &agrave; mettre en forme les d&eacute;mos, &agrave; enregistrer les premi&egrave;res id&eacute;es. C’est ainsi qu’a d&eacute;but&eacute; l’aventure, jour apr&egrave;s jour, petit &agrave; petit… On a fait pas mal de pr&eacute;-production, pass&eacute; pas mal de temps ensemble et <em>Horizon</em> s’est construit progressivement comme &ccedil;a.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>JMJ&nbsp;: Comment se sont d&eacute;roul&eacute;es les cessions et comment intervenais-tu sur ce projet alors que tu avais choisi de &laquo;&nbsp;fuir&nbsp;&raquo; la France ? </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>BG</strong>&nbsp;: J’avais surtout envie d’aller ailleurs pour diff&eacute;rentes raisons mais en particulier pour la tournure sociale des choses et les derni&egrave;res &eacute;lections confirment, h&eacute;las, mes craintes. Mais je voulais surtout m’ouvrir le champ des possibles pour moi mais aussi pour ma famille, &nbsp;chercher un autre avenir que celui qui &eacute;tait envisageable, ici, en France. Cela fait sept ans maintenant que je suis install&eacute; au Qu&eacute;bec mais je suis rest&eacute; connect&eacute; avec Pascal. D’ailleurs, depuis que je suis parti, j’ai beaucoup de demandes qui &eacute;manent de la France ou d’Europe pour des r&eacute;alisations artistiques donc je suis souvent revenu. J’enregistre tout en ext&eacute;rieur et je ram&egrave;ne &ccedil;a chez moi, je mixe, masterise… &nbsp;Dans D&eacute;troit, au d&eacute;part, j’intervenais en tant qu’ing&eacute;nieur du son et puis on s’est retrouv&eacute; dans les Landes, en pleine campagne, tous les trois, sur de longues p&eacute;riodes d’autarcie &agrave; cr&eacute;er, &agrave; composer, &agrave; d&eacute;fricher tout &ccedil;a. Au fil du temps, je suis pass&eacute; d’ing&eacute;. son &agrave; cor&eacute;alisateur, puis, &agrave; musicien et de temps en temps j’attrapais une guitare ou je faisais des arrangements de clavier, de programmations. Voil&agrave;, l’histoire&nbsp;! Ca c’est fait comme &ccedil;a, sur un an et demi presque jusqu’&agrave; ce qu’on aille en studio et qu’on &eacute;largisse le groupe maintenant pour le live avec le batteur Guillaume Perron et Nicolas Boyer, guitariste.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>JMJ&nbsp;: Pour toi qui ne connaissais pas Bertrand, j’imagine que ce fut une exp&eacute;rience humaine tr&egrave;s forte&nbsp;?</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>BG&nbsp;</strong>: C’est clair, c’est une exp&eacute;rience humaine avant tout, personnelle aussi puisqu’on se retrouve tout d’un coup dans un projet que l’on savait tr&egrave;s attendu et puis, qualitativement, Bertrant Cantat n’est pas n’importe qui alors je ne dirais pas qu’il y avait une pression mais quand m&ecirc;me un certain poids. Apr&egrave;s, ce qui est fondamental, c’est la qualit&eacute; de la relation humaine et dans D&eacute;troit c’est ce que nous avons privil&eacute;gi&eacute;. On avait besoin d’une vraie osmose sur ce projet. Notre trio fonctionne vraiment tr&egrave;s bien et &ccedil;a reste valable sur sc&egrave;ne aujourd’hui.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>JMJ&nbsp;: C’est quand m&ecirc;me la grande aventure musicale de ta carri&egrave;re. Dans ton parcours d’artiste, tu la situerais o&ugrave;?</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>BG</strong>&nbsp;: Je l’accueille avec beaucoup de plaisir, je vais f&ecirc;ter mes 28 ans de m&eacute;tier et j’ai d&eacute;j&agrave; eu des tr&egrave;s, tr&egrave;s belles exp&eacute;riences, notamment avec Miossec. Je m’estime assez privil&eacute;gi&eacute; dans ce m&eacute;tier et je me suis toujours dit, m&ecirc;me avant D&eacute;troit, que j’avais cette chance que la vie me donne tout ce dont j’avais toujours r&ecirc;v&eacute; dans ce m&eacute;tier…</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>JMJ&nbsp;: Ce que tu racontes tr&egrave;s bien dans un bouquin que je recommande &agrave; tout le monde et qui s’appelle <em>It’s Not Only Rock'N'Roll</em> (Cf. Magma n&deg;90)…</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>BG</strong>&nbsp;: Oui merci&nbsp;! Pour terminer, je prends &ccedil;a comme l’aboutissement d’une philosophie personnelle que j’ai toujours mise en avant dans mon m&eacute;tier, d’options, de choix. J’ai essay&eacute; de ne jamais vendre ce qui &eacute;tait pour moi des principes fondamentaux, puis l&agrave;, aujourd’hui, c’est un peu comme la cerise sur le g&acirc;teau. D&eacute;troit m’offre, &agrave; la fois, la libert&eacute; musicale, une amiti&eacute; forte et une justification de beaucoup d’ann&eacute;es de travail… Je prends tout &ccedil;a tr&egrave;s tranquillement, sereinement mais je suis pleinement conscient que c’est un privil&egrave;ge.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>JMJ&nbsp;: La marque un peu folk rock sur D&eacute;troit, c’est ta griffe, non&nbsp;? On sent vraiment le travail d’&eacute;quipe sur cet album.</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>BG</strong>&nbsp;: Oui, c’est un mixe, tout &agrave; fait&nbsp;! Avec Bertrand, on s’est retrouv&eacute; assez rapidement sur des go&ucirc;ts et des sensibilit&eacute;s communes. Musicalement, on fonctionne bien ensemble. Il y a l’univers de Bertrand, <em>des Visages des figures, </em>et puis, il y a celui de Pascal et le mien. C’est la mise en commun de trois univers qui avaient d&eacute;j&agrave; beaucoup en commun. Chacun y a mis sa patte et je suis tr&egrave;s heureux et flatt&eacute; qu’il y ait la&nbsp; mienne. Bertrand nous a laiss&eacute; une grande libert&eacute; d’expression.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>JMJ&nbsp;: Sur sc&egrave;ne, vous ne jouez pas que du D&eacute;troit mais une bonne partie de Noir D&eacute;sir et un peu de L&eacute;o Ferr&eacute;…</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>BG</strong>&nbsp;: Oui, il y a l’adaptation du texte de Ferr&eacute; <em>Des Armes</em> qui avait &eacute;t&eacute; faite en musique par Noir D&eacute;sir mais on ne reprend pas <em>Avec le temps</em>.&nbsp; On joue, je crois, neuf titres de l’album ce qui ne suffit pas &agrave; faire un concert… Donc, oui, il y a du Noir D&eacute;sir&nbsp; parce que je crois que le public a envie de r&eacute;entendre des chansons qu’il a tellement aim&eacute;es. Il y a en a presque autant de D&eacute;troit et c’est un grand plaisir de pouvoir donner cela au public m&ecirc;me si ce n’est pas du Noir D&eacute;sir au sens strict. On a, par exemple, relift&eacute; Tostaky en se faisant tr&egrave;s, tr&egrave;s plaisir. Ca fait partie des moments de libert&eacute; en r&eacute;p&eacute;titions qu’on a gard&eacute;s pour la sc&egrave;ne.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Propos recueillis par Jean-Michel Marchand </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Pour en savoir plus sur D&eacute;troit&nbsp;: <a href="http://www.detroit-music.com">www.detroit-music.com</a></strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Special thanks &agrave; Jean-Michel et Cath</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Retrouvez aussi cette interview en podcast sur Bac FM&nbsp;: <a href="http://http : //www.bacfm.fr/podcasts/">http&nbsp;: //www.bacfm.fr/podcasts/</a></strong></p> Thu, 26 Jun 2014 07:07:33 GMT b5cd79a6-d481-4b93-a1e9-6f627631d351 Franck Halimi, Laurent Grandguillaume http://magmajerome.wix.com/magma/apps/blog/franck-halimi-laurent-grandguillaume <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Les Intermittents, l’emploi et son avenir europ&eacute;en</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>Il n’est pas toujours facile de saisir le fond d’une affaire, d’en d&eacute;m&ecirc;ler le vrai du faux, aussi, nous avons choisi de mettre face &agrave; face ou plut&ocirc;t c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te deux personnalit&eacute;s bien connues des bourguignons pour leur engagement. L’un dans la lutte pour &nbsp;les &nbsp;Intermittents et Pr&eacute;caires&nbsp;, l’autre&nbsp; pour son combat politique au sein du parti socialiste. Ils nous parleront de l’accord UNEDIC du 22 mars dernier, de l’emploi et de sa place dans l’Europe de demain. </strong></p> <p> <strong>Franck Halimi, metteur en sc&egrave;ne, assistant r&eacute;alisateur, chanteur…&nbsp; Il est aussi, et c’est sous cet aspect que les projecteurs se braquent sur lui aujourd’hui, le porte parole de la Coordination des Intermittents et Pr&eacute;caires&nbsp;en Bourgogne (CIP). Apr&egrave;s une gr&egrave;ve de la faim de 52 jours, un passage improvis&eacute; devant les cam&eacute;ras de Canal + lors du Festival de Cannes, un &laquo;&nbsp;head blade&nbsp;&raquo; public et diverses prises de parole en Bourgogne et sur le territoire national, il est pr&ecirc;t &agrave; en &laquo;&nbsp;d&eacute;coudre&nbsp;&raquo; avec le gouvernement pour faire entendre les propositions des intermittents et pr&eacute;caires. </strong><strong>Laurent Grandguillaume, quant &agrave; lui, est d&eacute;put&eacute; (PS) de C&ocirc;te d’Or et conseiller municipal de Dijon, il a longtemps &eacute;t&eacute; aux c&ocirc;t&eacute;s de Fran&ccedil;ois Rebsamen, ancien maire de Dijon et actuel Ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social. Il est connu pour tenir ses engagements, pour sa franchise et son &eacute;coute des intermittents …</strong></p> <p> <strong>Rencontres sans langue de bois … </strong></p> <p> &nbsp;</p> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="434" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_f7e3191c65344d48b253f1ca817ab147.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 434px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>Laurent Grandguillaume Par Thomas Hazebrouck_Focale info</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MB&nbsp;: Laurent Grandguillaume, vous avez travaill&eacute; avec Fran&ccedil;ois Rebsamen, vous &ecirc;tes &eacute;galement proche du gouvernement, vous vous revendiquez socialiste et non social-d&eacute;mocrate, quel est votre r&ocirc;le au niveau de l’&eacute;tat&nbsp;? </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>LG&nbsp;: </strong>Effectivement j’ai travaill&eacute; aux c&ocirc;t&eacute;s de Fran&ccedil;ois Rebsamen en tant que conseiller puis en tant qu’adjoint au maire charg&eacute; de la jeunesse, de la vie associative et de la d&eacute;mocratie locale. D&eacute;sormais, en tant que D&eacute;put&eacute;, je continue &eacute;videmment &agrave; travailler avec le gouvernement et F. Rebsamen. Le r&ocirc;le des parlementaires n’est pas seulement de l&eacute;gif&eacute;rer mais aussi d’alerter les Ministres sur certains sujets ou probl&eacute;matiques rencontr&eacute;s sur le terrain ou de contr&ocirc;ler le gouvernement et d’&eacute;valuer les politiques publiques. Les revendications des intermittents du spectacle en font partie. &nbsp;Etre socialiste, c’est avant tout, comme le disait Jean Jaur&egrave;s&nbsp;: &quot;Aller &agrave; l'id&eacute;al et comprendre le r&eacute;el&quot;. Je pense que tous les enjeux qui sont devant nous, toutes les probl&eacute;matiques auxquelles nous sommes confront&eacute;s sont des marqueurs de la gauche : la lutte contre les in&eacute;galit&eacute;s, le travail et le pouvoir d'achat, l'&eacute;ducation, la solidarit&eacute; internationale. Je crois &ecirc;tre un socialiste pragmatique. Je vais sur le terrain, j’&eacute;coute, je ne suis pas un dogmatique. La social-d&eacute;mocratie a &eacute;chou&eacute; partout en Europe dans les ann&eacute;es 90 et 2000. Ce qu’il faut, c’est refonder les id&eacute;es, construire de nouvelles perspectives, une nouvelle grille de lecture face &agrave; un environnement qui change sans cesse.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MB</strong> : <strong>Pouvez-vous nous parler de votre position sur les intermittents du spectacle ?</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>LG&nbsp;: Je</strong> ne suis pas de ceux qui jugent que le r&eacute;gime sp&eacute;cifique des intermittents est un privil&egrave;ge<strong>. </strong>Les propositions de r&eacute;forme &eacute;quitable, &eacute;quilibr&eacute;e et p&eacute;renne des annexes 8 et 10 sont le fruit de l'expertise conjointe des organisations professionnelles et des parlementaires, &agrave; la fois au sein du Comit&eacute; de suivi de la r&eacute;forme de l'intermittence depuis 2003 et au sein des missions d'information de l'Assembl&eacute;e Nationale et du S&eacute;nat au cours des deux derni&egrave;res ann&eacute;es. L'assurance ch&ocirc;mage &eacute;tait le meilleur amortisseur social, il ne fallait pas en diminuer les droits pour les ch&ocirc;meurs et les salari&eacute;s pr&eacute;caires, surtout dans un contexte de ch&ocirc;mage de masse tel qu'on le conna&icirc;t. Or le nouvel accord fragilise une nouvelle fois les plus pr&eacute;caires, remettant en cause leurs droits &agrave; indemnisation dans le cadre de la solidarit&eacute; interprofessionnelle. Je pr&eacute;cise que les propositions des intermittents aboutissaient &agrave; la r&eacute;alisation d’&eacute;conomies. Ils ne sont pas contre une r&eacute;forme mais pour une r&eacute;forme juste. Mon coll&egrave;gue, le d&eacute;put&eacute; Jean-Patrick Gille, a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; le 7 juin par Manuel Valls pour mener une &laquo; mission de propositions &raquo;. Il a d&eacute;j&agrave; rencontr&eacute; un &agrave; un tous les protagonistes, signataires ou non de l'accord, ainsi que la Coordination des Intermittents et Pr&eacute;caires. J’esp&egrave;re que les revendications et les propositions du comit&eacute; de suivi, dont je suis membre, seront entendues. J’ai d’ailleurs &eacute;t&eacute; auditionn&eacute; le 18 juin par le rapporteur.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MB </strong>: <strong>N’est-ce pas tout le secteur culturel qui est remis en cause&nbsp;?</strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>LG&nbsp;</strong>: la culture est trop souvent caricatur&eacute;e comme une d&eacute;pense improductive. Or, ce que rappelle souvent Madame Filippetti, c’est que les secteurs marchands culturels regroupent 160 000 entreprises et emploient 2,3 % des actifs. <strong>Le poids &eacute;conomique de la culture est &eacute;quivalent &agrave; celui de l’agriculture</strong>. Le secteur culturel repr&eacute;sente, en 2008, 585 485 emplois. Au-del&agrave; de la dimension &eacute;conomique, les manifestations et expositions culturelles contribuent &agrave; tisser le lien social entre les individus. La culture n’est pas remise en cause par le gouvernement actuel. Certains voulaient purement et simplement supprimer le r&eacute;gime d’intermittent. Aur&eacute;lie Filippetti, ministre de la Culture, a d’ores-et-d&eacute;j&agrave; annonc&eacute; que la concertation tripartite (Etat/partenaires sociaux), initialement pr&eacute;vue &agrave; l’automne prochain, d&eacute;butera d&egrave;s le mois de juillet.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MB :</strong> <strong>Finalement, cette nouvelle orientation de l’&eacute;tat ne participe- t-elle pas &agrave; une plus grande ambition qui serait de revenir progressivement sur les acquis et droits sociaux au b&eacute;n&eacute;fice de grands industriels &agrave; l’int&eacute;rieur d’un trait&eacute; (le trait&eacute; transatlantique) qui effacerait le pouvoir des &eacute;tats, de la politique, au seul service du grand capital et de l’argent roi. En cela, je reprends une phrase de Pierre Debauche qui dit : &laquo; L’Europe est grand syndicat patronal &raquo; ? </strong></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>LG&nbsp;: </strong>Nous avons besoin d'une Europe des &Eacute;tats-nations qui fasse de l'emploi, de la jeunesse et de la transition &eacute;cologique ses priorit&eacute;s. Nous avons besoin d'une Europe forte qui prot&egrave;ge, qui soit plus juste, qui remette l'humain au cœur des choix et qui engage de grands projets f&eacute;d&eacute;rateurs pour pr&eacute;parer l'avenir. L’Union europ&eacute;enne est dans une position comp&eacute;titive favorable puisqu’elle d&eacute;gage d&eacute;j&agrave; un exc&eacute;dent de 87 milliards d’euros &agrave; l’&eacute;gard des &Eacute;tats-Unis. La France a un d&eacute;ficit bilat&eacute;ral mais nos exportations vers les Etats-Unis ont progress&eacute; de 1,5% en 2013 et doivent encore progresser compte tenu du dynamisme du march&eacute; am&eacute;ricain. Il ne s’agit pas au travers de ce trait&eacute; de s’aligner sur le moins-disant am&eacute;ricain. L’accord devra prendre en compte les particularit&eacute;s de notre territoire, c’est pourquoi certains domaines ne sont pas concern&eacute;s par le trait&eacute; : l’audiovisuel, la d&eacute;fense, ou encore les &laquo;pr&eacute;f&eacute;rences collectives&raquo;, &agrave; savoir la qualit&eacute; des produits, les m&eacute;thodes de production et leur impact sur l’environnement. Les d&eacute;put&eacute;s se sont investis afin d’adopter une position offensive, et ce d&egrave;s Mai 2013. Ma coll&egrave;gue, Seybah Dagoma, d&eacute;put&eacute;e de Paris, a r&eacute;dig&eacute; une proposition de r&eacute;solution europ&eacute;enne sur le mandat de n&eacute;gociation de libre-&eacute;change entre les Etats-Unis et l’Union europ&eacute;enne, adopt&eacute;e &agrave; la quasi-unanimit&eacute; en commission des affaires europ&eacute;ennes et en commission des affaires &eacute;trang&egrave;res. Cela a permis d’unifier les parlementaires autour de conditions exigeantes dans la n&eacute;gociation. Elle y a signal&eacute; des &laquo; lignes rouges &raquo; que le trait&eacute; doit respecter : l’exception culturelle, l’exclusion des march&eacute;s publics de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute;, l’exclusion des pr&eacute;f&eacute;rences collectives, le refus de la mise en place d’un syst&egrave;me d’arbitrage pour les diff&eacute;rents entre les investisseurs et les &Eacute;tats.</p> <p> &nbsp;</p> <p> Le mandat doit comporter des exigences claires en mati&egrave;re de r&eacute;ciprocit&eacute;. Son but principal est de favoriser les &eacute;changes &eacute;conomiques entre deux continents tout en pr&eacute;servant nos mod&egrave;les agricoles, culturels et sociaux et en luttant contre le dumping social.&nbsp; L’adoption d&eacute;pendra d’un vote &agrave; la majorit&eacute; absolue au Parlement europ&eacute;en, d’une ratification &agrave; l’unanimit&eacute; par les Etats-membres et enfin de l’adoption par les parlements nationaux des vingt-huit Etats membres. Notre position restera ferme : cet accord doit &ecirc;tre avantageux pour les int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques, sociaux et environnementaux de la France, autrement nous le rejetterons.</p> <p> &nbsp;</p> <p> ……………………………………………………………………………………………………………</p> <p> &nbsp;</p> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="435" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_9e578f4585e64afb941469f97446f156.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 435px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>Franck Halimi (8&egrave;me jour de gr&egrave;ve de la faim)&nbsp;&copy; J&eacute;r&ocirc;me Gaillard</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> MB : Franck, tu d&eacute;fends le r&eacute;gime de l’intermittence depuis plus de dix ans, pourquoi est-il sans cesse remis en question<em> ?</em></p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>FH :</strong> On se bat depuis plus de 20 ans mais, plus sp&eacute;cifiquement, avec la CIP depuis juin 2003 pour des droits sociaux collectifs justes pour le plus grand nombre. Si tous les 3 ans, &agrave; chacune des n&eacute;gociations sur l'assurance ch&ocirc;mage, nos droits sont remis en cause, ce n'est pas pour des raisons &eacute;conomiques, comme veulent le faire croire le Medef et ses &quot;partenaires asociaux&quot; que sont la CFDT, la CFTC <em>(et FO depuis le faux-semblant des derni&egrave;res n&eacute;gociations ayant abouti &agrave; l'accord du 22 mars dernier). </em>En effet, contrairement &agrave; ce qui a &eacute;t&eacute; fr&eacute;quemment v&eacute;hicul&eacute; par les m&eacute;dias, les annexes 8 et 10 de la convention de l'assurance ch&ocirc;mage ne co&ucirc;tent pas 1 milliard sur les un peu plus de 4 milliards de d&eacute;ficit de l'UNEDIC. Les intermittents sont peu et pas plus de 250.000 &agrave; cotiser, mais seuls ceux qui parviennent &agrave; &quot;faire leurs heures&quot; <em>(507H sur 10 mois pour les techniciens et 507H sur 10,5 mois pour les artistes)</em> peuvent pr&eacute;tendre toucher une indemnit&eacute; de ch&ocirc;mage <em>soit autour de 103.000 indemnis&eacute;s</em>. Nous repr&eacute;sentons donc 3,5% des ch&ocirc;meurs indemnis&eacute;s et percevons 3,4% des indemnit&eacute;s vers&eacute;es : on est donc tr&egrave;s loin du <em>&quot;scandale des 1% de ch&ocirc;meurs touchant &amp;frac14; du pactole&quot;</em>. Les raisons de cet enfumage m&eacute;diatique sont, en r&eacute;alit&eacute;, id&eacute;ologiques&nbsp;! En effet, nous sommes le mod&egrave;le du travailleur r&ecirc;v&eacute; par le grand patronat : tr&egrave;s comp&eacute;tents, super flexibles, hyper bon march&eacute;. Dans le cadre de ce que l'on nous a vendu comme une &eacute;vidence <em>(l'aust&eacute;rit&eacute; et la crise)</em>, la flexis&eacute;curit&eacute; apparaissait comme LA solution. Or si le Medef est friand de notre mode de fonctionnement, il ne veut surtout pas du pendant de la flexibilit&eacute; que constitue l'amortisseur social de l'assurance ch&ocirc;mage. En 2003, l'organisation patronale a donc attaqu&eacute; les intermittents du spectacle en disant que nous &eacute;tions des privil&eacute;gi&eacute;s, constituant un co&ucirc;t anormal pour l'Unedic. En 2014, en plus des intermittents, ce sont les int&eacute;rimaires (annexe 4) qui sont frapp&eacute;s de plein fouet par les effets de l'accord du 22 mars. Et, en 2017, ce sera le reste de l'assurance ch&ocirc;mage qui sera d&eacute;mantel&eacute; par les rapaces du grand patronat.</p> <p> <strong>MB : Tu aimes &agrave; rappeler que tu ne te bats pas seulement pour les intermittents mais pour tous, quelles sont les menaces ?</strong></p> <p> <strong>FH :</strong> Si l'un des principaux slogans de la CIP est <em>&quot;ce que nous d&eacute;fendons, nous le d&eacute;fendons pour tous&quot;</em>, ce n'est pas anodin. Alors que l'on nous parle toujours &quot;d'exception culturelle&quot;, nous r&eacute;pondons &quot;culture sans exception&quot;. Quand on veut nous parquer dans une r&eacute;serve d'indiens pour nous sortir de la solidarit&eacute; interprofessionnelle que constitue l'assurance ch&ocirc;mage, nous r&eacute;pondons &quot;droits sociaux collectifs&quot;.</p> <p> Aujourd'hui, en France, 86% des contrats sont des CDD. Le CDI n'&eacute;tant plus la norme, on peut donc facilement comprendre que, dor&eacute;navant, la quasi-totalit&eacute; des travailleurs vont, un jour ou l'autre, passer par la case ch&ocirc;mage. Et, dans la mesure o&ugrave; 6 ch&ocirc;meurs sur 10 ne sont pas indemnis&eacute;s, on peut saisir toute l'importance de la convention qui doit &ecirc;tre agr&eacute;&eacute;e (ou pas) par notre ministre du dialogue social, Fran&ccedil;ois Rebsamen. Les luttes actuelles <em>(cheminots, postiers, intermittents,...)</em> ont les m&ecirc;mes causes et les m&ecirc;mes effets : un ultra-lib&eacute;ralisme galopant qui fait peser des mesures d'aust&eacute;rit&eacute; sur les plus pr&eacute;caires d'entre-nous. Et &ccedil;a, c'est un v&eacute;ritable scandale !</p> <p> &nbsp;</p> <div content-type="media" style="width:100%;margin-top:10px;margin-bottom:10px"> <img original-height="435" original-width="652" src="http://static.wixstatic.com/media/ec8ae8_d8472e83a14f4583a1876cbdb93a4682.jpg" style="display: inline; border: 0px; width: 652px; height: 435px;" /></div> <div content-type="media-description" style="width:100%"> <p> <em>Franck Halimi (33&egrave;me jour de gr&egrave;ve de la faim)&nbsp;&copy; J&eacute;r&ocirc;me Gaillard</em></p> </div> <p> &nbsp;</p> <p> &nbsp;</p> <p> <strong>MB : Qu’est-ce que l’Unedic ?</strong></p> <p> <strong>FH :</strong> L'Unedic est une association charg&eacute;e par d&eacute;l&eacute;gation de service public de la gestion de l'assurance ch&ocirc;mage, en coop&eacute;ration avec P&ocirc;le emploi. Ce sont les partenaires sociaux - MEDEF, CGPME et UPA <em>(c&ocirc;t&eacute; patronal)</em> et CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et CGT-FO <em>(c&ocirc;t&eacute; salarial)</em> - qui d&eacute;finissent, dans le cadre d’une Convention des institutions, l’organisation, les statuts et les attributions de l’Unedic, celle-ci &eacute;tant conclue pour une dur&eacute;e ind&eacute;termin&eacute;e et ren&eacute;goci&eacute;e r&eacute;guli&egrave;rement.</p> <p> Or ces vingt-cinq derni&egrave;res ann&eacute;es, le Medef et la CFDT ont r&eacute;gn&eacute; sur sa direction.</p> <p> R&eacute;sultat des courses : en France, 6 ch&ocirc;meurs sur 10 ne sont pas indemnis&eacute;s. R&eacute;forme apr&egrave;s r&eacute;forme, on limite les d&eacute;penses en cessant d’indemniser une partie des allocataires. Les &eacute;conomies sont faites sur le dos des pauvres, pri&eacute;s de devenir encore plus pauvres.</p> <p> Dans la nuit du 21 au 22 mars, un accord Unedic a &eacute;t&eacute; conclu en quinze minutes apr&egrave;s onze heures de suspension de s&eacute;ance et de conciliabules de couloirs. Alors que le ch&ocirc;mage touche des millions de personnes, comment est-il possible que les r&egrave;gles de son indemnisation soient dict&eacute;es dans les locaux du Medef, sans aucun contr&ocirc;le d&eacute;mocratique, sans vraies n&eacute;gociations, sans droit de regard ni de la repr&eacute;sentation nationale ni des principaux concern&eacute;s ?</p> <p> <em>MB : Si le gouvernement signe cette convention, quelle &quot;cartouche&quot; vous reste-t-il ?</em></p> <p> <strong>FH : </strong>Il nous restera la &quot;cartouche&quot; de la libert&eacute;. Ma&icirc;tres de notre temps et de nos choix, nous sommes la multitude qui engloutira les gloutons parce que nous avons la l&eacute;gitimit&eacute; du plus grand nombre et parce que nous sommes le monde des possibles !</p> <p> <strong>MB : Demain, c’est le Trait&eacute; Transatlantique qui arrive, faut-il le voir comme une nouvelle menace pour les droits des travailleurs ?</strong></p> <p> <strong>FH : </strong>Oui, ce Trait&eacute; Transatlantique sera juste une continuit&eacute; de la compression du monde dans lequel nous tentons de survivre. Il nous faut donc aujourd'hui r&eacute;volutionner les rapports sociaux dans le travail ! En redevenant insouciants et sans peur, nous les mettons dans une posture fort d&eacute;sagr&eacute;able. Du coup, les tenants d'un &quot;certain ordre&quot; commencent &agrave; paniquer face &agrave; un mouvement qui, plus il dure dans le temps, plus il prend de volume dans l'espace. L&agrave; o&ugrave; une oligarchie r&ecirc;ve de compresser le monde pour le r&eacute;duire &agrave; des rapports de soumission, notre mouvement de lutte des ch&ocirc;meurs, int&eacute;rimaires, intermittents et pr&eacute;caires lui r&eacute;pond <em>&quot;vive l'ampleur !&quot;</em>… D&eacute;sormais, nous ne manquerons plus d'air pour insuffler de la force &agrave; ceux qui, n'ayant plus peur, pourront enfin pr&eacute;tendre &agrave; choisir leur mode de vie…</p> <p> <strong>Propos recueillis par J&eacute;r&ocirc;me Gaillard le 18 juin 2014</strong></p> Mon, 23 Jun 2014 07:24:29 GMT 33f2865c-a7fc-41f0-b908-8e26d0be4b15